Fayulu, Sesanga et Lubaya chargent le régime

L’interpellation d’Aubin Minaku, vice-président du PPRD et ancien président de l’Assemblée nationale, continue à susciter le tollé de l’opposition congolaise. Plusieurs leaders politiques dénoncent ce qu’ils considèrent comme une violation des droits fondamentaux et de la Constitution.

Jan 23, 2026 - 09:12
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Fayulu, Sesanga et Lubaya chargent le régime
Les opposants Martin Fayulu, Claudel Lubaya et Delly Sesanga @Photo montage Ouragan

L’interpellation d’Aubin Minaku, vice-président du PPRD et ancien président de l’Assemblée nationale, continue à susciter le tollé de l’opposition congolaise. Plusieurs leaders politiques dénoncent ce qu’ils considèrent comme une violation des droits fondamentaux et de la Constitution.

Delly Sesanga, figure de l’opposition, a dénoncé la dérive dictatoriale. « Dans un État de droit, le respect de la Constitution n’est pas une option ! La liberté, la sûreté individuelle, le droit d’être présenté à son juge naturel, selon des procédures légalement établies, sont des garanties constitutionnelles. L’enlèvement d’Aubin Minaku, ancien président de l’Assemblée nationale, les viole frontalement. Quand la privation illégale de liberté devient une méthode, la Constitution devient un décor. La privation arbitraire de liberté est un crime. La banaliser, c’est trahir la nation. Se taire, c’est en être complice», a-t-il râlé sur X.

Martin Fayulu, le président de l’Écidé et ancien candidat à la présidentielle de 2023, a également tonné : « Arrestation d’Aubin Minaku, ancien président de l’Assemblée nationale. Jusqu’à quand piétinera-t-on les droits humains et les libertés fondamentales ? La Constitution est claire. Relisez les alinéas 1 et 2 de l’art. 17 ainsi que l’intégralité de l’art. 18 de la Constitution de la RDC », a-t-il dégainé.

Selon plusieurs analystes, ces interpellations s’inscrivent dans un contexte où la répression politique devient un sujet de préoccupation majeure, accentuant la défiance entre le pouvoir en place et l’opposition.

 Une dérive autoritaire dénoncée 

Claudel Lubaya, autre membre influent du mouvement « Sauvons la RDC » de Joseph Kabila, estime que le gouvernement actuel « est en train de se constituer son propre palmarès, en multipliant les détenus d’opinion, les prisonniers et exilés politiques. Sa dérive autoritaire ne faiblit pas. Elle se confirme et s’aggrave. Elle se traduit par une succession d’actes de répression visant « à installer la peur et la terreur comme modes de gouvernement mais aussi à bâillonner l’opposition politique, désormais criminalisée, stigmatisée et traitée comme une menace plutôt que comme un acteur légitime de la vie démocratique ».

Selon lui, ces pratiques violent la Constitution qui garantit la liberté d’opinion et d’expression (article 23), la liberté de pensée, de conscience et d’opinion (article 22) et la liberté d’association et d’activité politique (article 37). Le pro-Kabila rappelle également que ces actes contre les opposants enfreignent les engagements internationaux de la RDC, notamment le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (articles 9, 14, 19 et 25) et la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples (articles 6, 7, 9, 10 et 13), qui proscrivent les détentions arbitraires et imposent le respect du pluralisme. Cette situation inquiète non seulement la classe politique, mais aussi la société civile, qui observe un resserrement de l’espace démocratique et des libertés individuelles dans le pays.

 Appels à la libération et à la vigilance démocratique 

Claudel Lubaya a lancé un appel à la communauté nationale et internationale : « Je condamne avec la plus grande fermeté l’arbitraire désormais érigé en mode de gouvernance par le président Tshisekedi et appelle à la libération immédiate d’Aubin Minaku et de toutes les personnes injustement privées de liberté pour leurs opinions, leurs engagements politiques ou l’exercice légitime de leur esprit critique», a-t-il ajouté. Pour lui, la démocratie ne peut s’exercer sous la contrainte ou la peur. « Un État qui emprisonne ses opposants pour leurs idées ne protège pas l’ordre public : il le renie».

Les leaders de l’opposition avertissent que la criminalisation des opinions et de l’action politique risque de réduire la participation citoyenne et de miner la confiance dans les institutions. L’opposition promet de poursuivre sa mobilisation pour défendre la liberté politique et garantir le respect des droits civils, insistant sur le fait que toute démocratie véritable repose sur le pluralisme et la tolérance des idées divergentes.

Source : https://www.mediacongo.net/

Rédaction Kuvuk

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